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30 Oct 2020

Le torchon brûle entre la France et la Turquie

Sommet de l’OTAN à Londres, 4 décembre 2019. — Aux côtés d’Angela Merkel, Emmanuel Macron tousse au passage de Recep Tayyip Erdoğan qui semble l’ignorer en passant devant lui pour aller se placer sur la photo de famille
Christian Hartmann/AFP                                                        
  
Emmanuel Macron et Recep Tayyip montrent leurs muscles en Méditerranée orientale, où la crise des hydrocarbures entre la Turquie et la Grèce s’envenime. Syrie, Libye, Europe, Chypre : la liste des sujets qui fâchent est désormais longue, et cette nouvelle phase de tension montre qu’un ressort est cassé entre Paris et Ankara.

Les relations entre la France et la Turquie traversent, une nouvelle fois, une phase délicate. Si les crises — innombrables par le passé — ont toujours été suivies d’embellies, il est néanmoins loisible de constater, au fil des années, que l’accumulation des différends induit une dégradation tendancielle, dont la crise actuelle témoigne amplement. On peut craindre, dans ce contexte, qu’un ressort qu’il sera long et difficile de réparer ait été cassé dans la relation entre Paris et Ankara.

UNE INSTRUMENTALISATION HISTORIQUE

Une des difficultés récurrentes a longtemps été, dans les deux pays, l’instrumentalisation de la relation pour des raisons de politique intérieure. En France, des présidents de la République successifs ont largement usé de cette dimension. Celui qui l’a fait avec le plus de constance, de cynisme et d’acharnement fut Nicolas Sarkozy qui, tout à sa stratégie d’assèchement à son profit d’une partie de l’électorat du Front national et de la droite radicale, n’hésita pas à endosser les thèmes hostiles à la Turquie se situant sur le terrain des « valeurs » identitaires et islamophobes. En Turquie, le président Recep Tayyip Erdoğan use et abuse de la rhétorique nationaliste pour présenter les pays occidentaux, dont la France, comme cherchant à imposer leur volonté et poursuivant leur vieux rêve de mise en coupe et d’asservissement du pays.

Cette dimension a été aiguisée par la question du génocide arménien. Le Parlement français a voté en 2001 une loi déclarative reconnaissant le génocide. Quelques années plus tard, des tentatives parlementaires de pénalisation à l’encontre de celles et ceux qui auraient dénié la qualification de génocide aux massacres de masse de 1915 ont été retoquées à deux reprises, en 2012 puis en 2017, par le Conseil constitutionnel. Ces initiatives politiques ont cabré les autorités turques et certainement marqué le début de la lente, mais irrépressible dégradation de la relation bilatérale.

Au cours des dernières années, la question de la candidature turque à l’Union européenne (UE) a bien évidemment constitué la toile de fond des mises en cause et récriminations réciproques. Les déclarations de dirigeants français de premier plan ont, en effet, entretenu et aggravé un climat de suspicion. Ainsi, lorsque Valéry Giscard d’Estaing, tout à ses travaux de président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, expliqua que « La Turquie est un pays proche de l’Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais ce n’est pas un pays européen », et précisa, en évoquant l’hypothétique adhésion de la Turquie à l’Union : « Je donne mon opinion : c’est la fin de l’Union européenne »1, les réactions furent nombreuses et passionnelles.

Ces quelques rappels indiquent assez bien la multiplication des sujets de controverses. Ces derniers restaient pourtant circonscrits à des déclarations qui, aussi désagréables fussent-elles, demeuraient rhétoriques, en dépit de quelques déconvenues économiques pour des entreprises françaises mises à l’écart d’appels d’offres turcs.

UNE ESCALADE CONTRE-PRODUCTIVE

Comme souvent dans ce type de situation de tensions persistantes, des divergences qui auraient habituellement pu trouver des solutions de compromis se sont multipliées ces derniers mois de manière peu contrôlée par les exécutifs français et turc. Cette escalade exprime les rancœurs et les méfiances réciproques, mais s’avère contre-productive, car rien en réalité ne la justifie véritablement. Les récriminations, petites phrases sibyllines et mots inutilement blessants enveniment la situation en exacerbant les différences de perception et d’analyse.

Sur le fond, il y a désormais plusieurs sujets qui fâchent, et l’on peut constater qu’ils concernent de plus en plus fréquemment des dossiers d’ordre géopolitique : question kurde en Syrie, Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Libye, Méditerranée orientale, la liste s’allonge et renvoie, en outre, à des mécaniques de partenariats concurrents et rivaux. Dans chaque cas, l’opposition frontale et la surenchère semblent prévaloir sur la recherche de voies de compromis diplomatiques et politiques. Ainsi, parmi beaucoup d’autres exemples, dans un long entretien à The Economist en novembre 2019, Emmanuel Macron jugeait l’OTAN en état de « mort cérébrale », parce que n’ayant pas su réagir à l’opération militaire turque déclenchée en octobre 2019 contre des positions kurdes des groupes armés du Parti de l’union démocratique (PYD) dans le nord de la Syrie. « Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale », lui rétorquait Recep Tayyip Erdoğan quelque temps plus tard.

Ce qui est clair, c’est la totale mécompréhension qui désormais s’instaure entre la France et la Turquie, et surtout — plus grave — le refus de tenter de saisir la logique de l’interlocuteur. Des visions idéologiques antinomiques semblent désormais prévaloir et aboutissent à une situation de blocage.

Sur la question kurde, Paris considère que le PYD fait partie des « combattants de la liberté » et, par ce fait, est l’allié de la France, parce qu’ayant affronté l’Organisation de l’État islamique (OEI) au sol avec efficacité. Or, pour les dirigeants d’Ankara, ainsi que pour une large partie de l’opinion publique turque, le PYD est avant tout la projection syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifié en l’occurrence de terroriste (à Paris aussi d’ailleurs). Cette analyse aboutit au refus absolu que le PYD puisse constituer un territoire autonome le long de la frontière turco-syrienne.

Incompatibilité radicale des points de vue donc, amplifiée par la situation du chaos syrien au sein duquel la Turquie a réussi à se replacer dans le jeu politique en participant au « groupe d’Astana »2, alors que la France est désormais un observateur sans guère de moyens pour peser en quoi que ce soit sur le règlement du conflit.

La situation est encore plus problématique sur la Libye, puisque la confrontation maritime a failli dégénérer entre navires français et turcs au mois de juin 2020. La succession d’erreurs commises par la France dans le traitement du dossier libyen explique probablement en retour l’agressivité du président Macron, et l’accusation d’expansionnisme formulée à l’encontre de la Turquie constitue alors un moyen facile de tenter de se dédouaner. Mais ce qui en l’occurrence pose question, c’est qu’un État membre du Conseil de sécurité de l’ONU ne soutienne pas le gouvernement de Fayez Al-Sarraj, pourtant reconnu et soutenu par l’ONU, et marque a contrario sa complaisance à l’égard d’un chef rebelle, le maréchal Khalifa Haftar. Quelles que soient ses arrière-pensées, la Turquie, par son intervention militaire, a contribué à sauver le gouvernement théoriquement considéré comme légitime par ladite communauté internationale.

Ces tensions sont de plus aggravées par les systèmes de partenariat de chacun des protagonistes, qui renvoient aux enjeux d’influence géopolitique régionale. Ainsi, sans pouvoir prétendre ici à l’exhaustivité, ce dossier libyen ramène aux enjeux de la découverte et de l’exploitation des ressources en hydrocarbures en Méditerranée orientale. Le litige est ancien, mais connaît des rebondissements récents inquiétants. Échaudé par le retournement des rapports de forces sur le théâtre libyen, Emmanuel Macron a décidé de montrer la force militaire française pour soutenir la Grèce et les Chypriotes grecs. Pour autant, il n’a pas réussi à mobiliser l’UE sur ses positions, puisque l’Allemagne, notamment, se refuse à la surenchère et privilégie les tentatives de médiation politique.

RÉÉVALUATION URGENTE

Autant la rhétorique nationaliste et guerrière de Recep Tayyip Erdoğan est déplacée, autant il est inutile et dangereux de raisonner de façon binaire à son encontre. On ne peut, tout d’abord, faire comme si la question chypriote était réglée, puisqu’elle ne l’est malheureusement toujours pas. Il faut admettre que si l’entrée de Chypre au sein de l’UE en 2004 possède une réalité juridique, cela ne signifie pas qu’elle en ait une politiquement, puisque l’île est toujours de facto divisée en deux parties. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’UE, à la fois juge et partie, est impuissante à participer positivement au règlement de ce dossier qui n’en finit plus de s’éterniser.

Quant à la délimitation du plateau continental, des eaux territoriales ou de la zone économique exclusive (ZEE), il suffit d’examiner une carte de la région pour comprendre que le droit maritime international nécessiterait des aménagements particuliers pour que la mer Égée et la région maritime méridionale de la Turquie ne deviennent purement et simplement pas un lac grec. C’est en ce sens que ni la surenchère ni la diplomatie de la canonnière ne sont efficientes, et que seules de véritables négociations sont susceptibles de procéder à un règlement de ces contentieux sensibles qui perdurent depuis des décennies.

Le torchon brûle donc entre la France et la Turquie. C’est d’autant plus regrettable que la France, nation politique, est probablement la mieux placée pour pouvoir relancer sur d’autres bases la relation de l’UE avec Ankara, sans faux-fuyants ni fausses promesses. C’est pourquoi les jugements biaisés et gesticulatoires fréquemment formulés à son encontre non seulement ne permettent pas de comprendre la Turquie, mais s’avèrent aussi contre-productifs parce qu’ils risquent de nous priver des possibilités de consolider notre relation avec un partenaire qui s’affirme incontournable. Il serait alors judicieux de cesser de propager une vision par trop dépréciative de ce pays pour, enfin, le considérer à son juste niveau. source(orient XX1)  publié dans   par Dominique Manga

AUTEUR

DIDER BILLION

Directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

29 Oct 2020

COVID-19 chez l’enfant : ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas

On parle beaucoup des personnes âgées ou atteintes de polypathologies au cours de la COVID 19, et beaucoup moins des enfants, tenant pour acquis leur moindre risque de formes graves. Mais qu’en est-il aujourd’hui et, en particulier, que sait-on de la contagiosité des enfants et, en conséquence, des mesures à appliquer aux enfants pour les protéger entre eux et protéger la population générale lorsqu’ils sont porteurs du virus ?
La réponse à cette question n’est pas facile, car les différentes études sur le sujet émanent de pays dans lesquels les mesures de protection (fermeture/réouverture des écoles, distanciation, port de masque, etc.), le site et le moment de l’étude par rapport à l’épidémie ne sont pas comparables.

L’âge du port du masque varie selon les pays (illustration).

Une étude européenne datant du 6 août 2020 , réalisée par l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control) a fait une revue des caractéristiques cliniques et épidémiologiques de la COVID-19 chez les enfants âgés de moins de 18 ans dans l’Union européenne et l’espace économique européen, y compris le Royaume-Uni. Elle a également évalué le rôle, dans la transmission de la COVID-19, des lieux de vie extérieurs à la famille des enfants : crèche/garderie (moins de 5 ans), école primaire (5 à 11 ans) et secondaire (12 à 18 ans).
Les sources utilisées ont été les cas émanant du European Surveillance System ou TESSy (données de l’Union européenne/l’espace économique européen et du Royaume-Uni, publications (59 articles au 30 juin 2020), résultats d’une enquête réalisée par contact téléphonique.

4 % de l’ensemble des cas confirmés de COVID-19 rapportés dans la zone Europe concernent des sujets de moins de 18 ans
Fin juillet 2020, une très faible proportion (4 %) des 744 448 cas rapportés au TESSy (European Surveillance System) étaient des enfants de moins de 18 ans, parmi lesquels 24 % étaient âgés de moins de 5 ans, 32 % avaient entre 5 et 11 ans et 44 % entre 12 et 18 ans.

Ce pourcentage peut traduire le fait que les enfants, étant peu symptomatiques, ne sont pas prioritaires pour être testés, et également une réticence à leur imposer un prélèvement nasopharyngé.

Les enfants ont généralement une forme légère, voire asymptomatique
Cela signifie que l’infection peut rester non détectée ou non diagnostiquée.

  • Les manifestations les plus fréquentes sont : fièvre et toux, plus rarement troubles digestifs, mal de gorge, difficultés respiratoires, myalgies, etc.
  • Les formes asymptomatiques ont une fréquence variable selon les pays et le mode de détection de l’infection : entre 4 % et 28 % en Chine , 16 % en Europe . Une revue systématique d’études, essentiellement chinoises, a concerné 160 jeunes nourrissons et nouveau-nés ayant une COVID-19 confirmée, parmi lesquels 16 % étaient asymptomatiques .

L’explication la plus solide à une symptomatologie plus modérée chez les enfants que chez les adultes est la présence d’une réponse immune innée très supérieure chez l’enfant. L’observation de la transmission par des cas asymptomatiques renforce cette évidence scientifique d’une réponse immunitaire hautement efficace contre le virus, permettant une suppression suffisante de la réplication virale pour prévenir les symptômes spécifiques de la COVID-19. Plus discutable et discutée, est la possibilité d’une immunité croisée entre le SARS-CoV-2 et d’autres coronavirus responsables d’infections saisonnières .

Un enfant diagnostiqué COVID-19 a un risque d’hospitalisation ou de décès plus faible que celui d’un adulte 
Les hospitalisations pour COVID-19 rapportés au TESSy ont été rares chez les enfants de 5 à 11 ans (3 %) et ceux de 12 à 18 ans (4 %), un peu plus fréquentes chez les 0 à 4 ans (10 %). Les décès étaient exceptionnels (0,03 %). Ces chiffres sont en accord avec les 2,5 % à 5 % de formes graves constatés en Chine.
Même si les nourrissons et les nouveau-nés apparaissent plus vulnérables aux formes graves de COVID-19 que les enfants plus grands , leur mortalité (0,006 %) reste très faible .
Par ailleurs, de très rares cas de syndrome inflammatoire multiviscéral, associant une atteinte systémique faite de fièvre persistante, inflammation et dysfonction d’organe, à la suite d’une exposition au SARS-CoV-2, ont été rapportés chez les enfants .

Lorsqu’ils sont symptomatiques, les enfants sont autant porteurs de virus, en termes de charge virale, que les adultes et peuvent donc transmettre la maladie autant que les adultes
L’ARN viral a été détecté par PCR chez l’enfant comme chez l’adulte dans la plupart des fluides (sang, salive, selles, urines, nasopharynx).
L’excrétion virale dans les voies aériennes durerait moins longtemps chez les enfants que chez les adultes, mais persiste dans le tube digestif après disparition des voies aériennes.
Des données récentes suggèrent que la charge virale serait plus élevée chez les enfants de moins de 5 ans atteints de forme modérée de COVID-19 que chez leurs aînés.
Il n’y a pas de différence de charge virale entre les enfants et les adultes symptomatiques (absence de données chez les asymptomatiques), ce qui n’indique cependant pas que les enfants transmettent le virus de la même façon, dans la mesure où l’ARN viral mis en évidence par PCR n’indique pas directement l’infectiosité.

Il est décrit une séroprévalence (anticorps contre le SARS-CoV-2) plus faible chez les enfants que chez les adultes, mais cette différence est faible et incertaine
Les études de séroprévalence visent à déterminer la proportion de la population qui a des anticorps contre le SARS-CoV-2, pour avoir une idée du nombre de personnes infectées par le virus. Tous les pays de l’étude européenne (1) n’ont pas encore finalisé leurs données, mais tous les recueils ont été effectués après le pic de la première vague, avant, pendant et après le confinement.
Globalement, les taux d’anticorps contre le SARS-CoV-2 ont tendance à être plus bas chez les enfants et les adolescents que chez les adultes.
Deux de ces études (une française et une allemande) concernaient spécifiquement les enfants. En France, environ 10 % des enfants développent des anticorps neutralisants après une infection par le SARS-CoV-2 tandis qu’en Allemagne, le taux est inférieur à 1 %. L’étude prospective française , menée en ambulatoire, pendant le confinement, chez plus de 600 enfants âgés de de 0 à 15 ans a mis en évidence un taux de séropositivité de 10,7 % et un taux de RT-PCR positive < 2 %.

Le risque de transmission d’un cas index à ses contacts exposés et activement recherchés (taux de seconde attaque) est au moins égal à celui des adultes
Ce taux a été estimé en Italie du Nord (province de Trente) , pendant la fermeture des écoles, à 22,4 % chez les enfants de 0 à 14 ans, une proportion plus élevée que celle des adultes en âge de travailler (13 %).
En Corée du Sud, le taux d’attaque chez des contacts familiaux a été plus important chez les adolescents âgés de 10 à 19 ans (18,6 %) que chez les enfants âgés de 0 à 9 ans (5,3 %) .
En Inde, sur un demi-million de sujets exposés au SARS-CoV-2 (84 965 de cas confirmés), la plus grande étude de traçage des contacts de cas  a montré les éléments clés suivants :

  • l’existence de supertransmetteurs de la COVID-19. Ainsi, 8 % des individus infectés ont été responsables de 60 % de nouvelles infections, alors que 71 % des individus infectés n’ont contaminé aucun de leurs contacts ;
  • le risque de contamination pour une personne contact était moins élevé, quel que soit son âge, en dehors du domicile familial (2,6 %) qu’à domicile (9 %) ;
  • les enfants et les adolescents (1/3 des cas) ont un rôle important dans la transmission virale, surtout en milieu familial ;
  • le taux de seconde attaque est plus élevé entre les sujets de même classe d’âge, particulièrement chez les 0-14 ans.

En conclusion, le taux de seconde attaque est plus important à la maison que dehors, chez les adolescents que chez les plus jeunes et à l’intérieur d’une même classe d’âge qu’entre classes d’âge différentes.

Les crèches ne semblent pas épargnées
Dans une crèche polonaise , un cluster est survenu deux semaines après la réouverture de la crèche, malgré des mesures barrières très strictes. Le cas index était une femme travaillant dans cette crèche (contact familial avec une personne infectée).
Tous les enfants et leurs contacts familiaux, le personnel de la crèche et leurs contacts familiaux ont eu une PCR (104 autres personnes). Le foyer a concerné 29 personnes, soit 27 % des sujets contacts : 8 enfants de la crèche, 12 membres de la famille des enfants en crèche et 4 personnes travaillant à la crèche.
Ceci montre donc que les enfants de moins de 2 ans peuvent aussi transmettre la COVID-19.

Dans les écoles européennes, le nombre de flambées/foyers est faible et les cas identifiés sont principalement dus à une exposition au sein du foyer alors que la propagation est très faible dans le cadre scolaire
Les enfants sont très rarement identifiés comme cas de référence, mais peuvent ne pas avoir été détectés (fréquence des asymptomatiques et confinement suivi des vacances scolaires).
De même, dans la littérature, les cas identifiés dans les écoles suggèrent que :

  • la transmission entre élèves à l’école est inhabituelle et non la cause principale de l’infection des enfants, dont la maladie débute alors qu’ils vont à l’école ;
  • les enfants (ou adolescents) sont peu ou pas vecteurs de transmission aux adultes (enseignants ou personnel) dans les lieux d’enseignement ;
  • on ne dispose pas de preuve de transmission des adultes (enseignants ou personnel) aux enfants (adolescents) dans les lieux d’enseignement ;
  • les adultes (enseignants ou personnel) ne sont pas plus à risque de s’infecter dans les lieux d’enseignement que dans la vie courante ;
  • si les mesures d’hygiène et de distanciation sont appliquées, l’école ne représente pas plus un mode de propagation que les autres lieux ayant la même densité de personnes.

Le rôle de la fermeture ou de la réouverture des écoles sur le niveau de propagation dans la population est mal établi à ce jour
Certaines observations sur le traçage des contacts à l’école et des données observationnelles venant de certains pays de l’Union européenne suggèrent que la réouverture des écoles n’a pas été associée à une augmentation significative de la transmission en population.
Cependant, le rapport européen n’a pas un long recul par rapport à la reprise des cours. De plus, une reprise épidémique 10 jours après la réouverture des écoles rapportée en Israël , souligne l’importance de la mise en place rigoureuse d’une distanciation physique pour réduire l’exposition à l’école pendant que la COVID-19 circule en population.

Si des mesures adaptées sont en place, les écoles semblent peu susceptibles de constituer un environnement plus propice à la propagation que les activités professionnelles ou de loisirs avec des densités similaires des personnes
Les fermetures des écoles sont peu susceptibles de constituer, à elles seules, une arme efficace pour enrayer la transmission communautaire de la COVID-19.
Les mesures de contrôle de l’épidémie dans les établissements scolaires et d’accueil des enfants doivent être décidées de manière cohérente avec les décisions prises au sein de la communauté dans son ensemble.
Ces mesures ne peuvent pas être justifiées par la volonté de protéger la santé des enfants, puisque la plupart d’entre eux développent une forme très légère, voire asymptomatique, de COVID-19.

La distanciation physique est considérée comme la mesure la plus efficace
Son application aux enfants doit toutefois prendre en compte les spécificités de cette classe d’âge. Ainsi, en Belgique et aux Pays-Bas, il est admis que la distanciation physique n’est pas réalisable avant 12 ans.

Le port du masque a le même intérêt de prévention chez l’enfant que chez l’adulte
Même si l’enfant est moins vecteur de la maladie, une transmission de la COVID-19 est possible. Le masque est sûrement plus utile chez les enfants plus âgés (secondaire, étudiants), surtout dans des contextes où la densité de population est importante, et certainement chez les enseignants, mais moins chez les enfants plus jeunes qui se parlent rarement longtemps de très près.
D’une manière générale, les avantages du port d’un masque chez les enfants doivent être mis en balance avec :

  • la capacité d’un enfant à savoir mettre un masque correctement (se laver les mains avant de le prendre, le saisir par les bords pour ne pas toucher la partie centrale, qu’il couvre bien le nez, la bouche et le menton, ou encore se laver les mains si on le touche !) ;
  • les dommages potentiels associés au port de masques (inconfort, préoccupations sociales et de communication) ;
  • le contexte socioculturel et contextuel et la disponibilité de la supervision d’un adulte et d’autres ressources pour prévenir la transmission.

De plus, selon l’OMS, « les enfants atteints de graves troubles cognitifs ou respiratoires et ayant des difficultés à tolérer un masque ne devraient pas être obligés de porter un masque ».

L’âge du port de masque ne fait pas consensus
L’âge de port du masque varie selon les pays.

En France, il est obligatoire à partir de l’âge de 11 ans, à l’école ainsi qu’à l’extérieur dans les villes qui l’imposent.

L’OMS et l’Unicef se situent à peu près sur la même ligne que le gouvernement français, et recommandent « le port du masque aux enfants âgés de 12 ans et plus dans les mêmes conditions que les adultes », cette limite pouvant être abaissée pour les enfants âgés de 6 à 11 ans pour des raisons diverses comme :

  • une situation de transmission intense dans la zone où réside l’enfant ;
  • la capacité de l’enfant à utiliser un masque correctement et en toute sécurité ;
  • la possibilité de laver les masques ou de les remplacer dans les écoles et les services de garde d’enfants ;
  • des contextes spécifiques ou interactions particulières de l’enfant avec d’autres personnes exposées à un risque élevé de développer une maladie grave, telles que les personnes âgées et celles souffrant d’autres affections préexistantes.

Les enfants coréens portent le masque dès l’âge de 2 ans et les enfants chinois dès 3 ans.

Le seul consensus clair actuel est l’interdiction, en France, du masque en-dessous de 2 ans (selon les Sociétés françaises de néonatologie et de pédiatrie). Pour l’OMS, les enfants âgés de 5 ans et moins ne devraient pas être obligés de porter un masque, car les règles à respecter pour que le masque soit une protection efficace contre le coronavirus sont trop difficiles à respecter pour les plus petits.

Certains, cependant, comme l’épidémiologiste Antoine Flahault, considèrent que le port du masque à partir de l’âge de 3 ans, qui rassurerait les enseignants et les parents et diminuerait le risque de clusters dans les écoles, serait une mesure plus pragmatique que la distance physique dans les classes. Il existe d’ailleurs, selon l’ANSM, des références de masques chirurgicaux de petite taille, adaptés pour les enfants de 3 ans et plus.

Lavage des mains, aération des salles et désinfection des surfaces sont des mesures essentielles pour les écoliers comme pour le personnel d’encadrement
Le lavage des mains est particulièrement utile avant de manger, de boire et d’aller aux toilettes. La conduite à tenir lors du mouchage et des éternuements doit également être stricte.

La mauvaise aération des pièces favorise la transmission des infections respiratoires y compris de la COVID-19.
Les espaces de vie des enfants, incluant les établissements d’enseignement, doivent être aérés le plus fréquemment possible, au moins une fois par heure .

Des auteurs ont avancé que le SARS-CoV-2 pourrait persister plusieurs jours sur certaines surfaces. En conséquence, la désinfection fréquente, au moins une fois par jour, de ces surfaces est nécessaire .

Enfin, durant les transports scolaires, la distanciation, le port du masque, la désinfection des mains et des surfaces doivent être appliqués . Source( Vidal) publié dans  par Dominique Manga

AUTEUR

Elisabeth LECCA

29 Oct 2020

Le «  très, très mauvais aspect  » du remdesivir, le premier médicament COVID-19 approuvé par la FDA

Le président Donald Trump et le commissaire de la Food and Drug Administration Stephen Hahn (à droite) ont rencontré Daniel O’Day (à gauche), PDG de Gilead Sciences, lorsque le remdesivir a reçu une autorisation d’utilisation d’urgence en mai.

PHOTO AP / ALEX BRANDON

Octobre a été un bon mois pour Gilead Sciences, le fabricant géant d’antiviraux dont le siège est à Foster City, en Californie. Le 8 octobre, la société a signé un accord pour fournir à l’Union européenne son remdesivir médicamenteux comme traitement contre le COVID-19 – un accord d’une valeur potentielle de plus d’un milliard de dollars. Deux semaines plus tard, le 22 octobre, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé le remdesivir pour une utilisation contre le coronavirus pandémique SARS-CoV-2 aux États-Unis – le premier médicament à recevoir ce statut. Les décisions de l’UE et des États-Unis ouvrent la voie au médicament de Gilead sur deux marchés majeurs, tous deux avec une flambée des cas de COVID-19.

Mais les deux décisions ont déconcerté les scientifiques qui ont suivi de près les essais cliniques du remdesivir se dérouler au cours des 6 derniers mois – et qui ont de nombreuses questions sur la valeur du remdesivir. Au mieux, une grande étude bien conçue a révélé que le remdesivir réduisait légèrement le temps de récupération du COVID-19 chez les patients hospitalisés atteints d’une maladie grave. Quelques études plus petites n’ont trouvé aucun impact du traitement sur la maladie. Puis, le 15 octobre – dans les nouvelles décidément défavorables de ce mois-ci pour Gilead – la quatrième et plus grande étude contrôlée a livré ce que certains croyaient être un coup de grâce: l’essai Solidarité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a montré que le remdesivir ne réduit ni la mortalité ni le temps. Les patients COVID-19 prennent pour récupérer.

La science a appris que la décision de la FDA et l’accord avec l’UE sont intervenus dans des circonstances inhabituelles qui ont donné à l’entreprise des avantages importants. La FDA n’a jamais consulté un groupe d’experts externes qu’elle a prêts à peser sur des questions complexes de médicaments antiviraux. Ce groupe, le Comité consultatif sur les médicaments antimicrobiens (ADAC), mélange des cliniciens des maladies infectieuses avec des biostatisticiens, des pharmaciens et un représentant des consommateurs pour examiner toutes les données disponibles sur les traitements expérimentaux et faire des recommandations à la FDA sur les approbations de médicaments – mais il ne s’est pas réuni une seule fois au cours de la pandémie.

L’Union européenne, quant à elle, a décidé de fixer le prix du remdesivir exactement 1 semaine avant la publication des résultats décevants de l’essai Solidarité. Il n’était pas au courant de ces résultats, bien que Gilead, en tant que promoteur de l’essai, ait commencé à examiner les données de l’OMS le 23 septembre et savait que l’essai était un échec.

«C’est un très, très mauvais regard pour la FDA, et les relations entre le Gilead et l’UE en font une autre couche de méchanceté», déclare Eric Topol, cardiologue au Scripps Research Translational Institute qui s’est opposé à l’approbation de la FDA de remdesivir.

La FDA n’a aucune obligation de convoquer des comités externes pour ses décisions, souligne David Hardy, membre de l’ADAC, un scientifique VIH / SIDA de l’Université de Californie à Los Angeles. Pourtant, l’agence le fait souvent pour les approbations de médicaments délicates et Hardy est «étonné» que l’agence n’ait pas consulté le panel dans ce cas. «Cela établit la norme pour le premier antiviral COVID-19», dit-il. «Lorsqu’il s’agit d’accorder aux sociétés pharmaceutiques des droits de commercialisation exclusifs dans ce domaine, c’est vraiment quelque chose de très, très important. Et il doit y avoir plus qu’une simple contribution gouvernementale. »

La FDA n’a pas répondu à la demande de Science pour discuter des raisons pour lesquelles elle avait choisi de ne pas convoquer le comité, notant seulement que c’était «à la discrétion» des directeurs de division. Mais l’inaction de la FDA contraste fortement avec sa gestion des vaccins potentiels contre le COVID-19. La semaine dernière, l’agence a convoqué un groupe consultatif pour discuter de la simple possibilité qu’un tel vaccin passe l’examen réglementaire.

En ce qui concerne l’accord avec l’UE, Gilead a confirmé à Science que l’OMS avait fourni à la société un manuscrit sur les résultats de l’étude, mais un porte-parole de la Commission européenne, le bras exécutif de l’UE, a déclaré que ceux-ci n’avaient pas été révélés lors de ses négociations. . La société a mis en question de manière agressive la validité des données de Solidarité, en partie parce que l’étude a été menée dans des pays très différents à travers le monde avec des normes de soins de santé différentes. Dans une déclaration du 15 octobre , Gilead est allé jusqu’à dire qu ‘«on ne sait pas si des conclusions concluantes peuvent être tirées des résultats de l’étude».

Cette critique a provoqué la colère des enquêteurs de l’étude Solidarité, dont Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’INSERM et ancienne responsable de l’OMS. «C’est épouvantable de voir comment Gilead essaie de dénigrer le procès de Solidarité», dit Kieny. «Prétendre le procès n’a aucune valeur parce qu’il se déroule dans des pays à faible revenu n’est qu’un préjugé.»

Essais décevants

Le 10 janvier, 2 jours après que le SRAS-CoV-2 a été prouvé être la cause du COVID-19, les chercheurs ont publié une étude dans Nature Communications qui montrait que le remdesivir avait de puissants effets inhibiteurs dans les études en éprouvette et sur souris sur le coronavirus associé responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient. Deux semaines plus tard, les médecins ont traité le premier cas confirmé de COVID-19 aux États-Unis avec le médicament et ont rapporté que l’homme de 35 ans s’était rapidement amélioré .

Une analyse intermédiaire d’un essai clinique à grande échelle contrôlé par placebo réalisé par les National Institutes of Health (NIH), annoncée le 29 avril , a tempéré les attentes mais a également souligné que le remdesivir était prometteur. Le médicament a réduit le temps médian que les patients atteints de COVID-19 gravement malades et hospitalisés ont mis pour se rétablir de 15 jours à 11 jours. C’était un gain modeste, mais le NIH a noté dans un communiqué de presse que les patients traités «avaient un temps de récupération 31% plus rapide que ceux qui recevaient un placebo. Le remdesivir, qui doit être perfusé à plusieurs reprises par voie intraveineuse, a également semblé réduire le risque de décès, mais cette différence aurait pu survenir par hasard. (Un rapport final évalué par des pairs de l’étude publié le 8 octobre dans The New England Journal of Medicine réduit le temps de récupération pour les 531 patients traités à 10 jours.)

Une deuxième étude plus petite et contrôlée par placebo du remdesivir sur des patients hospitalisés COVID-19 en Chine, publiée en ligne par The Lancet également le 29 avril , n’a trouvé aucun avantage statistiquement significatif du traitement – et l’antiviral n’a étonnamment eu aucun impact sur les niveaux du coronavirus .

Deux jours après la publication des résultats de la Chine et des États-Unis, la FDA a accordé au remdesivir une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) – un statut temporaire qui est loin d’être pleinement approuvé – pour une utilisation chez les patients atteints de COVID-19 sévère. L’agence a cité les données des essais du NIH , mais pas l’autre étude. Le président Donald Trump a fait l’éloge de l’EUA lors d’un événement de presse du Bureau ovale avec Daniel O’Day, PDG de Gilead.

Il est épouvantable de voir comment Gilead tente de dénigrer le procès de Solidarité. Prétendre que l’essai n’a aucune valeur parce qu’il se déroule dans des pays à faible revenu n’est qu’un préjugé.

Marie-Paule Kieny, INSERM

Le 21 août, une étude sponsorisée par Gilead publiée en ligne dans JAMA a comparé les patients hospitalisés COVID-19 atteints de pneumonie modérée qui ont reçu du remdesivir pendant 5 jours ou 10 jours à ceux traités avec les soins standard. Le groupe remdesivir de 5 jours s’est amélioré plus rapidement, mais, curieusement, le groupe de 10 jours ne l’a pas fait. (Une étude publiée antérieurement parrainée par Gilead n’a trouvé aucune différence entre les deux traitements.)

La semaine prochaine, la FDA a élargi l’EUA du remdesivir pour inclure tous les patients hospitalisés COVID-19. Cela a conduit Topol à publier une lettre ouverte cinglante au commissaire de la FDA Stephen Hahn sur Medscape, un site Web médical populaire dont Topol est rédacteur en chef. Sous le titre «Dites la vérité ou démissionner», Topol a regroupé la décision avec des EUA fortement critiqués publiés plus tôt pour le médicament contre le paludisme hydroxychloroquine – que l’agence a par la suite annulé – et le plasma «convalescent» riche en anticorps obtenu à partir du sang du COVID récupéré 19 patients. «Ces violations répétées démontrent votre volonté d’ignorer le manque de preuves scientifiques et d’être complice de la politisation par l’administration Trump des établissements de santé américains», a écrit Topol.

Débattre des preuves

L’essai Solidarité de l’OMS, mené dans 405 hôpitaux de 30 pays, est environ trois fois plus important que les trois autres essais réunis et de nombreux scientifiques s’attendaient à ce qu’il résout mieux la valeur du remdesivir. Solidarité n’a pas utilisé de placebo, mais a plutôt comparé le remdesivir et trois autres médicaments réutilisés entre eux et le niveau de soins. Les enquêteurs de l’essai Solidarité ont décrit les résultats de l’étude aux représentants de la FDA le 10 octobre et ont publié une pré-impression sur eux sur medRxiv 5 jours plus tard. La solidarité visait principalement à déterminer si les médicaments réduisaient la mortalité chez les patients hospitalisés COVID-19, ce  qu’aucun d’entre eux n’a fait  Les chercheurs ont également noté que le remdesivir n’affectait pas «la durée de l’hospitalisation» ou si les patients atteints de COVID-19 avaient besoin de ventilateurs, qui ne sont utilisés que lorsque les personnes évoluent vers une maladie très grave.

La publication des données de Solidarité a déclenché un nouveau débat sur la valeur relative de chaque essai de remdesivir – et si la FDA aurait dû diffuser cette discussion en public au lieu de peser les données en privé. Dans sa revue qui recommandait l’approbation du remdesivir , l’agence n’a inclus que les données de trois essais: l’étude NIH et deux essais parrainés par Gilead, ignorant les données de Solidarité ainsi que les résultats de l’autre essai contrôlé par placebo en Chine.

Cela a exaspéré l’équipe de Solidarité. «Le mantra que j’ai toujours entendu comme une blague à propos de la FDA, c’est qu’ils disent:« En Dieu, nous avons confiance, tout le monde doit fournir des données », dit Kieny.« Alors regardez toutes les données.

En ce qui concerne Gilead, les données de Solidarité ne devraient pas jouer un rôle important. «Nous sommes préoccupés par le fait que les données de cet essai mondial ouvert n’ont pas subi l’examen rigoureux requis pour permettre une discussion scientifique constructive, en particulier compte tenu des limites de la conception de l’essai», a écrit la société dans son communiqué .

L’argument selon lequel plus tôt vous l’utilisez, mieux c’est est excellent jusqu’à ce que vous réalisiez quelles en sont les implications: vous ne sauverez pas beaucoup de vies et vous devrez traiter beaucoup de patients. C’est très gênant et cela vous coûtera une fortune.

Martin Landray, Université d’Oxford

Le directeur médical de Gilead, Merdad Parsey, a écrit dans une  lettre ouverte  publiée le jour de l’approbation du remdesivir par la FDA, que Solidarité «ne nie pas les autres résultats de l’étude, en particulier d’un essai conçu avec les normes scientifiques les plus strictes, comme c’est le cas avec» l’étude du NIH. Gilead a également soulevé des questions sur la disponibilité des données de Solidarité, indiquant à  Science  qu’il a demandé à l’OMS, mais n’a pas encore reçu, «les ensembles de données sous-jacents ou le plan d’analyse statistique» pour l’essai.

L’OMS rétorque que Gilead connaissait le plan d’analyse statistique avant de rejoindre l’essai et qu’il recevra l’ensemble des données une fois l’étude terminée. Peu importe que les données n’aient pas encore été examinées par des pairs, affirment les scientifiques de l’OMS, car la FDA examine traditionnellement toutes les données disponibles, y compris les résultats non publiés. Quant à la disparité des systèmes de santé que Gilead cite comme un facteur de confusion dans les amendes de Solidarité, la scientifique en chef de l’OMS, Soumya Swaminathan, note que 50% des 2750 patients qui ont reçu du remdesivir dans l’essai provenaient du Canada et d’Europe, pays reconnus pour leur haute qualité. soins de santé. Et elle souligne que les autres pays participants ne bénéficient pas nécessairement de soins de qualité inférieure.

Clifford Lane du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, qui a aidé à mener l’étude des NIH, affirme que sa principale différence avec Solidarity est «le degré de granularité» des analyses des sous-groupes qui auraient pu en bénéficier. «Je pense que les données de Solidarité sont bonnes», dit Lane. «C’est une étude de très grande envergure et son point final est très robuste.»

Martin Landray de l’Université d’Oxford, qui codirige la plus grande étude au monde sur divers traitements du COVID-19, affirme que le remdesivir «ne fonctionne certainement pas chez les patients les plus malades là où les gains les plus importants seraient», mais pourrait aider les gens à des stades précoces de la maladie. Pour compliquer davantage la situation, la plupart des personnes infectées par le SRAS-CoV-2 se rétablissent sans aucune intervention. «L’argument selon lequel plus tôt vous l’utilisez, mieux c’est est excellent jusqu’à ce que vous réalisiez quelles en sont les implications: vous ne sauverez pas beaucoup de vies et vous devrez traiter beaucoup de patients», dit Landray. «C’est très gênant et cela vous coûtera une fortune.

Des questions se sont également posées sur le potentiel du remdesivir à nuire. L’OMS a un aperçu régulier des événements indésirables possibles liés aux traitements COVID-19. Fin août, il a noté un  nombre disproportionnellement élevé  de rapports de problèmes hépatiques et rénaux chez des patients recevant du remdesivir par rapport aux patients recevant d’autres médicaments pour COVID-19, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a également annoncé ce mois-ci que son comité de sécurité avait  entamé un examen évaluer les rapports de lésions rénales aiguës  chez certains patients prenant du remdesivir.

Le remdesivir de Gilead Sciences fait désormais partie de la norme de soins pour de nombreux patients atteints de COVID-19 aux États-Unis et la société a augmenté la production de l’antiviral pour répondre à la demande croissante.

De nombreux chercheurs soulignent qu’une autre donnée cruciale est entièrement absente de la déclaration de la FDA sur l’approbation du remdesivir: la preuve que le médicament réduit la quantité de SRAS-CoV-2 dans le corps, la charge virale. «Je travaille dans les antiviraux depuis 30 ans. Chaque fois que vous étudiez un antiviral, vous montrez un effet sur le virus et vous le publiez », explique Andrew Hill, pharmacologue clinicien à l’Université de Liverpool. «Gilead a sûrement fait cela. Où sont les données? C’est très, très étrange.

Richard Peto, un statisticien et épidémiologiste d’Oxford qui a aidé à concevoir Solidarity et à analyser les données, souligne que l’essai de l’OMS ne peut pas prouver si le remdesivir n’a aucun bénéfice pour COVID-19. «Les essais produisent des intervalles de confiance, pas seulement des estimations ponctuelles et c’est en fait la difficulté d’essayer d’en discuter», dit Peto. «Gilead et la FDA nous ont en quelque sorte mis dans une position où on nous demande d’essayer de prouver que le remdesivir ne fait rien plutôt que de demander la voie habituelle, à savoir, les fabricants peuvent-ils prouver qu’il fait quelque chose?»

Pour de nombreux scientifiques, ces complexités soulignent que la FDA aurait dû consulter l’ADAC, son groupe d’experts extérieurs, pour un débat animé. Cela aurait pu «élever la discussion», déclare la présidente de l’ADAC Lindsey Baden, spécialiste des maladies infectieuses au Brigham and Women’s Hospital. «Hydroxychloroquine, plasma de convalescence, remdesivir – ce sont des décisions compliquées étant donné la nature imparfaite des données sur lesquelles les décisions sont prises, et l’urgence de l’utilisation clinique donne d’autant plus de raisons d’avoir une discussion ouverte», dit Baden, dont groupe s’est réuni pour la dernière fois en octobre 2019.

«Ce n’était pas une approbation simple et ce n’est pas un moment ordinaire», ajoute Luciana Borio, ancienne scientifique en chef de la FDA qui travaille maintenant dans une société de capital-risque à but non lucratif. «Il aurait été utile d’avoir un débat public sur la question.»

Jesse Goodman de l’Université de Georgetown, ancien scientifique en chef de la FDA, note qu’il est compliqué d’organiser des réunions du comité consultatif, mais ajoute que l’agence vient de toute évidence d’en organiser une pour les vaccins COVID-19. «Bien que ce soit une pandémie et que tout le monde soit très occupé, c’est quelque chose… que vous pouvez faire virtuellement», dit-il. «Cela aurait été l’occasion d’expliquer publiquement la justification et l’évaluation des risques et des avantages.»

Commission européenne dans le noir

L’EMA, l’homologue européen de la FDA, a donné en juillet une  «approbation conditionnelle»  au remdesivir – qui est similaire à une EUA – mais elle n’a pas encore donné toute sa bénédiction. L’Union européenne a néanmoins négocié un  «accord d’achat commun»  avec Gilead qui propose 500 000 cours de traitement sur les 6 prochains mois pour 1,2 milliard de dollars. Un porte-parole de la Commission européenne confirme à  Science  qu’elle n’a été informée de l’échec du médicament dans l’essai Solidarité que le lendemain de la signature du nouveau contrat, le 8 octobre.

« La Commission a pris connaissance des résultats de l’essai Solidarité le 9 octobre suite au rapport de l’Agence européenne des médicaments (EMA) lors de la réunion du groupe de travail COVID le même jour », a déclaré le porte-parole. «Il n’y a eu aucune discussion avec l’OMS sur l’étude en cours avant la signature du contrat avec Gilead.»

Lorsque  Science a  demandé à Gilead pourquoi elle n’avait pas divulgué les données de Solidarité lors de ses négociations avec la Commission européenne, la société a reconnu avoir reçu un projet de manuscrit de l’OMS fin septembre, mais a déclaré qu’il était «fortement expurgé». L’OMS affirme que la seule information masquée concernait les résultats relatifs aux autres médicaments utilisés dans l’essai en raison d’accords de confidentialité avec leurs fabricants.

Ce n’était pas une approbation simple et ce n’est pas un moment ordinaire. Il aurait été utile d’avoir une discussion publique sur la question.

Luciana Borio, ancienne scientifique en chef à la FDA

Alors que l’accord avec Gilead verrouille les membres de l’UE à un prix d’environ 2400 dollars pour un cours complet de remdesivir, il n’oblige aucun pays à acheter le médicament, a déclaré le porte-parole de la Commission à Science . «L’UE doit publier l’accord avec Gilead», déclare Yannis Natsis de l’Alliance européenne pour la santé publique à but non lucratif. « Il devrait au moins renégocier le volume des doses et le prix par traitement. » Gilead dit ne pas prévoir d’ajuster son prix négocié à la suite des données de Solidarité.

Kieny de l’INSERM dit que c’est un «énorme» gaspillage pour les pays de l’UE d’investir dans le remdesivir sur la base de l’idée que cela pourrait aider un petit sous-ensemble de patients. «Vous pouvez toujours dire: ‘OK, maintenant, si je désagrège la population et si je ne prends que ceux qui ont un œil bleu et une jambe en bois, c’est peut-être très efficace”, dit-elle.

En effet, certains partisans du remdesivir pointent des analyses de sous-groupes de patients de Solidarité qui suggèrent un bénéfice de mortalité chez ceux qui ont reçu de l’oxygène supplémentaire mais n’étaient pas sous ventilateurs. Mais accepter cela signifierait également accepter que le remdesivir nuit à ceux qui étaient sous ventilateurs, dit Hill. « Vous ne pouvez pas faire une analyse de sous-groupe et ne croire que la moitié de l’histoire. »

L’essentiel des essais jusqu’à présent est qu’il n’y a tout simplement pas assez de preuves que le remdesivir fonctionne, dit Jason Pogue, un chercheur de l’Université du Michigan, à Ann Arbor, président de la Society of Infectious Diseases Pharmacists. Pogue pense que la FDA a commis une erreur et, à moins que d’autres données n’apparaissent, l’EMA ne devrait pas donner l’approbation complète du médicament. «Il y a plus de questions que de réponses sur l’efficacité du remdesivir chez les patients hospitalisés», dit-il.

Publié dans:       par Dominique Manga  Source (The Science)

  • AUTEUR
Jon Cohen

JON COHEN

Jon est rédacteur pour Science .

KAI KUPFERSCHMIDT

Kai est un correspondant du magazine Science basé à Berlin, en Allemagne.

22 Oct 2020

Les enjeux du développement durable :Décentralisation et équité territoriale au Sénégal le Président Macky Sall sermone les élus locaux : contre l’accaparement des terres par les multinationales

L’octroi de certaines superficies de terres par les collectivités locales aux étrangers irrite le chef de l’Etat. Macky Sall qui a présidé, ce jeudi, la journée nationale de la décentralisation, a saisi l’occasion pour rappeler les maires à l’ordre. Même s’il souhaite que les terres du domaine national restent entre les mains des collectivités locales, le président de la République veut qu’elles soient gérées de manière optimale. « Nous n’allons pas laisser faire cette situation parce qu’elle a atteint des limites qu’on ne peut plus dépasser. Il faut qu’ensemble, nous travaillions pour que les besoins se fassent normalement. Les terres de cultures doivent être d’une certaine équité. Il faut aussi éviter de transférer toute la terre aux étrangers, hors, c’est la tendance nouvelle. De grands groupes agro-industriels viennent et obtiennent 200 voire 500 hectares et l’Etat laisse faire. Ce n’est pas possible », a-t-il déclaré.

Face aux élus, Macky Sall leur a fait comprendre que les terres ne leur appartiennent pas. Par conséquent, seule une gestion rationnelle devrait être de mise. « On vous l’a confiée. Cela ne veut pas dire, parce que vous êtes maire ou vous avez votre Conseil municipal, que vous devez prendre le territoire de votre commune et le distribuer aux premiers venus, de façon à plonger le pays dans une situation où toute la terre va devenir privée. Ce n’est pas possible », a martelé Macky Sall.

Le phénomène de l’ accaparement des terres en Afrique

La question de l’équité est intrinsèquement liée à celle de la durabilité : ce sont les plus démunis qui souffrent et qui continueront de souffrir le plus de la crise écologique et climatique. Ce constat n’est nulle part aussi évident que dans le domaine de la sécurité alimentaire. « La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, salubre et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active » (Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire, 1996). Deux des dimensions de la sécurité alimentaire sont donc la disponibilité (la quantité produite et à la quantité importée) et l’accessibilité (les prix des denrées alimentaires par rapport aux revenus).

Depuis 2000, l’action mondiale visant à améliorer la sécurité alimentaire a fait des progrès limités. En 2010, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a constaté que plus d’un milliard de personnes souffraient de faim chronique, dont 90 % vivant en Afrique subsaharienne, en Asie et dans le Pacifique. En Afrique notamment, des progrès limités ont été enregistrés en ce qui concerne la consommation calorique qui est restée au niveau des années 60. L’une des menaces majeures pour la stabilité mondiale est le problème que posent l’insécurité alimentaire et la croissance démographique qui, combinées aux changements climatiques, pourraient entraîner une hausse des prix alimentaires, telle que celle des années 2007-2008. La forte augmentation des prix sur le marché des céréales, qui avait engendré des manifestations contre les pénuries alimentaires dans 14 pays africains, était la conséquence de nombreux facteurs tels que les mauvaises récoltes, les stocks limités de céréales, l’augmentation du prix du pétrole, l’inflation généralisée, les interdictions et les restrictions en matière d’exportation, ainsi que la dépréciation du dollar américain.

En 2009, 36 pays ont demandé une aide d’urgence et appelé à l’aide alimentaire. La Tanzanie et l’Éthiopie ont rencontré des problèmes à l’importation des aliments dont les coûts élevés dépassaient leur budget national.

En 2010, la Russie a connu la pire sécheresse jamais enregistrée en 130 ans. Les conditions climatiques extrêmes ont entraîné une réduction de 30 % des récoltes de céréales. De ce fait, les prix mondiaux du blé ont augmenté de 50 % de juin à août 2010.

De plus, la croissance des pays du Sud vers un état de prospérité équivalent à celui des pays du Nord est considérée comme une menace, cela implique une dégradation encore plus importante et accélérée de la biosphère. Tous les éléments indiquent que le système alimentaire est sous pression. Par ailleurs, l’analyse et la modélisation du climat montrent que ces événements surviendront de plus en plus souvent. Il existe un consensus selon lequel il est nécessaire de renforcer la résilience des plus pauvres face aux effets du changement climatique. Le problème est aggravé par la diminution des ressources et le besoin de terres arables.

Selon un rapport de la Banque mondiale, ces 10 dernières années, le phénomène de « l’accaparement des terres » dans les pays en développement s’est aggravé. En effet, les entreprises et les gouvernements étrangers louent de vastes étendues de terres, soit comme un moyen d’investir dans ce qui semble être considéré comme des opportunités d’affaires futures rentables ou soit tout simplement pour garantir la disponibilité de certains aliments et d’autres ressources. L’accaparement des terres se généralise et se produit aujourd’hui à une échelle sans précédent, ce qui est inquiétant pour les communautés d’agriculteurs qui sont déplacées suite à ce phénomène. En 2011, la Banque mondiale a estimé que près de 60 millions d’hectares de terres à travers le monde avaient ainsi été accaparés et que deux tiers des baux concernaient l’Afrique.

En 2012, un reportage de la BBC révèle que les entreprises et les gouvernements étrangers louent de vastes étendues de terre sans prendre en considération l’impact sur les communautés locales. Ainsi, le Liberia avait signé une concession de 220 000 hectares, suscitant des inquiétudes concernant l’avenir des villageois pauvres possiblement forcés d’abandonner leurs terres, les industries agroalimentaires marginalisant les exploitations agricoles familiales. En Ouganda, 20 000 personnes ont déclaré avoir été chassées de leurs terres en raison d’une grande concession.

Transactions foncières en pourcentage de la superficie agricole totale
RD Congo

48,8 %

Mozambique

21,1 %

Ouganda

14,6 %

Zambie

8,8 %

Éthiopie

8,2 %

Madagascar

6,7 %

Malawi

6,2 %

Mali

6,1 %

Sénégal

5,9 %

Tanzanie

5 %

Soudan

2,3 %

Nigeria

1 %

Ghana

0,6 %

Source info : PIP COLEACP Publié  dans  par Dominique Manga 

20 Oct 2020

Pourquoi avons-nous moins de médicaments pour lutter contre les virus que contre les bactéries ?

Alors que la fin de la Seconde Guerre mondiale approchait, la production de masse de la pénicilline, antibiotique fraîchement développé, a permis de sauver de nombreux soldats en éliminant les bactéries qui infectaient leurs blessures. Depuis lors, de nombreux autres antibiotiques ont permis de traiter avec succès une grande variété d’infections d’origine bactérienne.

Cependant, si les antibiotiques fonctionnent contre les bactéries, ils ne sont pas efficaces contre les virus. Pour éliminer ces microorganismes, il faut des antiviraux. Depuis que la pandémie de Covid-19 s’est installée, chercheurs et entreprises pharmaceutiques s’efforcent de trouver un antiviral qui fonctionne pour lutter contre le coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la maladie.

Pourquoi avons-nous si peu d’antiviraux à notre disposition ? La réponse est à chercher du côté de la biologie : elle réside dans le fait que les virus utilisent nos propres cellules pour se multiplier. Il est donc difficile les tuer sans tuer du même coup nos propres cellules.

Les antibiotiques exploitent les différences humain-bactérie

Ce sont les différences entre les cellules bactériennes et les cellules humaines qui rendent possible l’utilisation des antibiotiques.

Les bactéries sont des formes de vie autonomes, des cellules qui peuvent vivre de manière indépendante, sans avoir besoin d’un organisme hôte. Si elles sont, par certains côtés, similaires à nos cellules, elles en diffèrent également par de nombreuses caractéristiques.

Contrairement aux cellules humaines, les bactéries possèdent par exemple une paroi cellulaire rigide constituée d’un composé appelé peptidoglycane. Les cellules humaines en sont dépourvues, et c’est cette différence qui permet d’utiliser la pénicilline contre les bactéries : cet antibiotique interfère en effet avec la construction de la paroi cellulaire bactérienne.

Les antibiotiques qui, comme la pénicilline, empêchent les bactéries de fabriquer du peptidoglycane peuvent inhiber donc inhiber la multiplication des bactéries sans nuire aux cellules des êtres humains qui consomment ces médicaments. On parle de toxicité sélective.

Les virus piratent nos cellules pour se répliquer

Contrairement aux bactéries, les virus ne peuvent pas se répliquer de manière indépendante : ils ont besoin pour cela d’une cellule hôte. Il existe de ce fait un débat, qui n’est toujours pas tranché, autour de la question de l’appartenance des virus au monde vivant.

Pour se répliquer, les virus pénètrent dans une cellule et en détournent la machinerie. Une fois à l’intérieur, certains virus restent dormants, d’autres se répliquent lentement et s’échappent progressivement des cellules, sur une longue période, d’autres enfin font rapidement tellement de copies d’eux-mêmes que la cellule hôte éclate et meurt. Les particules virales nouvellement répliquées se dispersent alors, et infectent de nouvelles cellules hôtes.

Tout traitement antiviral qui intervient à une étape ou une autre du cycle de « vie » du virus peut s’avérer efficace. Le problème est que si un tel médicament cible un processus de réplication qui est également important pour la cellule hôte, il est probable qu’il soit également toxique pour les cellules humaines. Pour schématiser : il est facile de tuer des virus, mais il est beaucoup plus difficile de parvenir dans le même temps à maintenir les cellules du patient en vie…

Les antiviraux efficaces ciblent et perturbent un processus ou une structure propre au virus, empêchant ainsi la réplication virale tout en minimisant les dommages pour le patient. Mais plus le virus est dépendant de la cellule hôte, moins ces cibles spécifiques sont nombreuses. Et malheureusement, la plupart des virus ne présentent que très peu de cibles pouvant être ciblées différentiellement.

Le Remdesivir est l’un des antiviraux dont les chercheurs ont évalué l’efficacité contre le SARS-CoV-2, avec des résultats mitigés. Ulrich Perrey/Pool/Reuters

Une autre difficulté est que les divers virus existants varient beaucoup plus les uns par rapport aux autres que les diverses espèces de bactéries entre elles. Ces dernières ont toutes des génomes constitués d’ADN double brin et se répliquent indépendamment en grossissant puis en se divisant en deux, comme les cellules humaines.

Les virus présentent quant à eux une extrême diversité : certains ont des génomes faits d’ADN tandis que d’autres ont des génomes constitués d’ARN ; chez certains le matériel génétique est constitué par des acides nucléiques (l’autre nom de l’ADN et de l’ARN) dont la structure est simple brin, tandis que chez d’autres ces acides nucléiques sont double brin. Il est donc pratiquement impossible de créer un médicament antiviral à large spectre qui serait efficace contre différents types de virus.

Quelques « success stories » d’antiviraux

Il existe cependant des différences dont l’exploitation a permis d’engranger quelques succès. La grippe A en est un exemple.

Le virus responsable de cette forme de grippe est capable de leurrer les cellules humaines pour pénétrer à l’intérieur. Une fois entré dans nos cellules, le virus doit se « déshabiller », c’est-à-dire enlever sa couche extérieure pour libérer son ARN, qui sera ensuite transporté vers le noyau de la cellule, où commencera la réplication virale, autrement dit la multiplication du virus.

Une protéine virale appelée protéine M2 (« matrix-2 protein » en anglais) est l’élément clé de ce processus : elle joue un rôle facilitateur dans la cascade d’événements qui aboutit à la libération de l’ARN viral.

Les chercheurs ont supposé que si un médicament était capable de bloquer la protéine M2, l’ARN viral ne serait plus capable de quitter la particule virale pour atteindre le noyau de la cellule. Logiquement, l’infection s’arrêterait. Cette approche s’est avérée fructueuse : l’amantadine et la rimantadine ont été les premiers antiviraux ciblant la protéine matrix-2 à remporter de succès contre ce virus.

Le Tamiflu est un médicament antiviral qui ralentit la propagation de la grippe chez l’être humain. Pour l’instant, nous ne disposons d’aucun efficace pour traiter les patients atteints de Covid-19. Narong Sangnak/EPA

Le Zanamivir (Relenza) et l’oseltamivir (Tamiflu), des médicaments plus récents, ont également permis de traiter des patients infectés par les virus de la grippe A ou de la grippe B. Ils agissent en bloquant une enzyme virale clé, empêchant la libération du virus par la cellule et ralentissant la propagation de l’infection dans le corps, ce qui minimise les dommages causés par l’infection.

Identifier ce qui fait la spécificité du SARS-CoV-2

La mise au point d’un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 pourrait s’avérer compliquée. Il est donc important de tenter en parallèle de trouver des antiviraux qui permettent de traiter efficacement les patients atteints de Covid-19.

Pour y parvenir, connaître les subtilités de la biologie du SARS-CoV-2 est important, en particulier concernant ses interactions avec les cellules humaines. Si les chercheurs parviennent à identifier des éléments spécifiques à sa survie et sa réplication, ils pourront les exploiter comme autant de points faibles pour mettre au point un traitement antiviral qui aura toutes les chances d’être efficace.  ( The conversation)  publié dans                 par Dominique Manga

                               AUTEUR                     

    1. Senior Research Fellow, School of Biomedical Sciences, University of Western Australia

  1. Associate Professor of Microbiology and Immunology, East Carolina University

17 Oct 2020

Le remdesivir et l’interféron tombent à plat dans la mégastude de l’OMS sur les traitements COVID-19

Les patients sont testés pour le COVID-19 en Inde, l’un des 30 pays qui ont participé à l’essai de Solidarité. PHOTO AP / ALTAF QADRI

L’un des plus grands essais au monde sur les thérapies COVID-19 a publié hier ses résultats intermédiaires tant attendus – et ils sont une déception. Aucun des quatre traitements de l’essai Solidarité, qui a recruté plus de 11 000 patients dans 400 hôpitaux à travers le monde, n’a augmenté la survie – pas même le remdesivir, un médicament antiviral tant vanté. Des scientifiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont publié les données  sous forme de préimpression sur medRxiv  hier soir, avant sa publication prévue dans le New England Journal of Medicine .

Pourtant, les scientifiques ont loué l’étude sans précédent elle-même et le fait qu’elle a aidé à clarifier quatre traitements existants, «réutilisés», qui avaient chacun une certaine promesse contre le COVID-19. «Il est décevant qu’aucun des quatre ne soit sorti et n’ait montré une différence de mortalité, mais cela montre pourquoi vous avez besoin de grands essais», déclare Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust. «Nous serions ravis d’avoir un médicament qui fonctionne, mais il vaut mieux savoir si un médicament fonctionne ou non que de ne pas le savoir et continuer à l’utiliser», déclare Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’OMS.

Les perspectives de deux des quatre traitements – l’hydroxychloroquine contre le paludisme et la combinaison de médicaments anti-VIH ritonavir / lopinavir – s’étaient estompées après qu’une autre étude d’envergure, l’essai Recovery au Royaume-Uni, ait  montré qu’ils n’augmentaient pas la survie  en juin. Après avoir analysé cette étude et ses propres données jusque-là, l’OMS a décidé de retirer les deux de l’étude.

Il y avait encore de l’espoir pour le remdesivir et pour l’interféron-bêta, qui avait été initialement administré en association avec le ritonavir / lopinavir mais qui a été testé en tant que médicament autonome après la publication des données de récupération. Mais aucun de ces traitements n’a réduit la mortalité ou retardé le moment où les patients avaient besoin d’une ventilation pour les aider à respirer. Les résultats dans ces deux bras de traitement sont probablement les plus examinés.

Le remdesivir, qui attaque une enzyme spécifique dans plusieurs virus à ARN et a déjà été testé contre Ebola, a été initialement considéré comme un candidat prometteur. Dans un essai américain avec plus de 1000 patients COVID-19  publié la semaine dernière , ceux qui ont reçu du remdesivir ont eu un temps de récupération plus court que les patients du groupe témoin, mais il n’y avait pas de différence significative de mortalité. Deux essais plus petits ont trouvé peu d’avantages significatifs. Remdesivir a reçu en mai une autorisation d’utilisation d’urgence de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour les patients atteints de COVID-19 sévère, qui a ensuite été étendue à tous les patients.

Mais l’essai de Solidarité suggère que le médicament ne fait pas grand-chose dans les cas graves. Sur 2743 patients hospitalisés qui ont reçu le médicament, 11% sont décédés, contre 11,2% dans un groupe témoin à peu près de la même taille. La différence est si petite qu’elle aurait pu surgir par hasard.

Lorsque les auteurs ont mis en commun les données de Solidarity avec celles des trois autres essais, ils ont trouvé une légère réduction de la mortalité qui n’était pas non plus statistiquement significative. «Cela exclut absolument la suggestion que le remdesivir peut empêcher une fraction substantielle de tous les décès», écrivent les auteurs. «L’intervalle de confiance est confortablement compatible avec la prévention d’une petite fraction de tous les décès, mais est également confortablement compatible avec la prévention de l’absence de décès.»

«Cet essai n’aide pas remdesivir, c’est sûr», déclare Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute. «Ce n’est pas un canard mort autant que l’hydroxychloroquine, mais ce n’est certainement pas l’espoir qui a été initialement signalé.

Mais le fabricant du médicament, Gilead Sciences, jette un doute sur l’étude. «La conception de l’essai a donné la priorité à un accès large, ce qui entraîne une hétérogénéité significative dans l’adoption, la mise en œuvre, les contrôles et les populations de patients des essais», explique la société  dans un communiqué , «et par conséquent, il n’est pas clair si des résultats concluants peuvent être tirés des résultats de l’étude.  »

Gilead a reçu le manuscrit sur Solidarité le 28 septembre, selon l’OMS. Le 8 octobre, avant que les résultats ne soient rendus publics, la société a signé un accord d’un  milliard de dollars avec la Commission européenne  pour un approvisionnement de 6 mois du médicament.

Les «résultats les plus décevants» de Solidarité, cependant, sont ceux pour l’interféron-bêta, dit Topol. La mortalité parmi les 2050 personnes ayant reçu ce médicament (seul ou en association avec le lopinavir / ritonavir) était de 11,9%, contre 10,5% dans le groupe témoin. Des études antérieures ont cependant suggéré que l’interféron ne peut être utile que s’il est administré tôt, et non une fois que les patients ont été hospitalisés. «Je pense donc que c’est encore une question ouverte», dit Topol.

«Traiter le COVID tardivement est très difficile», a écrit Benjamin tenOever, virologue à la Icahn School of Medicine de Mount Sinai, dans un courriel adressé à  Science . «À ce stade de la maladie, le problème est davantage lié à l’inflammation et à la coagulation, ce qui explique probablement pourquoi ces quatre schémas thérapeutiques ont montré peu de valeur.

La lueur d’espoir peut être que le procès lui-même, sans précédent à plusieurs égards, a réussi. Mis en place dans un court laps de temps en mars alors que la pandémie engloutissait le monde, il utilisait un protocole simple qui permettait aux médecins des hôpitaux surchargés de n’importe où de randomiser leurs patients selon le médicament disponible à l’étude ou pour les soins standard. «Mettre au point quatre stratégies antidrogue différentes, et dans ce court laps de temps et à travers le monde, est tout simplement fantastique», déclare Topol. «Je leur félicite beaucoup pour nous avoir obtenu ces résultats avec une vitesse extraordinaire.» «Je pense que le rétablissement et le procès de solidarité entre eux ont établi la norme de l’échelle nécessaire pour vous donner des réponses claires», ajoute Farrar.

Mettre au point quatre stratégies antidrogue différentes, et ce sur cette courte période et à travers le monde, est tout simplement fantastique.

Eric Topol, Institut translationnel de recherche Scripps

Le plus gros obstacle a été le temps qu’il a fallu pour obtenir l’approbation réglementaire de l’étude dans certains pays, déclare Marie-Pierre Preziosi de l’OMS. «Les régulateurs, ainsi que les comités d’éthique d’ailleurs, doivent repenser leurs approches en cas de pandémie et doivent être beaucoup plus prêts à y faire face car parfois la durée de l’autorisation n’est vraiment pas appropriée.»

Pourtant, l’essai a porté à plus de 11 000 patients de 30 pays, dont l’Argentine, le Pérou, l’Inde, les Philippines et l’Espagne, et d’autres devraient y participer. Environ 2000 patients sont désormais inclus chaque mois. Pour le moment, la branche remdesivir continuera «à obtenir des preuves plus précises», déclare John-Arne Røttingen, PDG du Conseil norvégien de la recherche, qui dirige le groupe exécutif du comité de pilotage de Solidarité. Mais de nouveaux médicaments seront ajoutés, dit-il.

Dès la semaine prochaine, les participants à Solidarité pourraient commencer à recevoir de l’acalabrutinib, un médicament anticancéreux qui inhibe une enzyme qui joue un rôle important dans le système immunitaire humain. L’espoir est d’inclure prochainement des thérapies ciblées telles que les anticorps monoclonaux, car elles ont plus de chances de réussir que les médicaments réutilisés. «Essayer de trouver des avantages hors cible de médicaments approuvés par la FDA n’est pas une excellente stratégie (bien que sans doute le mieux que nous puissions faire dans ces conditions)», a écrit tenOever.

La solidarité s’appuie sur l’expérience de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, déclare Ana Maria Henao Restrepo, qui dirige le Groupe de recherche et développement à l’OMS. À l’époque, il y avait de nombreux débats sur la question de savoir s’il était même éthique de faire des essais cliniques randomisés – qui interdisaient un traitement potentiel aux patients des groupes témoins – lors d’une épidémie mortelle. «Maintenant, vous ne voyez aucun débat» sur cette question, dit-elle. «La communauté, nous tous, nous avons déménagé, nous avons beaucoup appris depuis l’Afrique de l’Ouest.»

La portée mondiale de l’étude présente des avantages importants, déclare Nahid Bhadelia, médecin au Boston Medical Center. Mener un essai dans de nombreux endroits simultanément signifie que plus de patients peuvent être inclus, ce qui conduit à des résultats plus rapides mais aussi à des données plus robustes, dit-elle. « Vous incluez de nombreux types différents de sous-groupes et de populations dans différentes parties du monde. »

Un autre avantage: les 1 300 médecins participants dans le monde auront le sentiment de s’approprier les résultats, déclare Henao Restrepo. «Lorsqu’ils verront les résultats dans  le New England Journal of Medicine , [ils] diront: ‘J’ai contribué à cela et je comprends pourquoi ce médicament fonctionne ou ne fonctionne pas. Je sais, je lui fais confiance », dit-elle. «C’est différent de la publication de certains groupes de l’hémisphère nord, et ils disent:« Quelque part dans un pays riche, ils ont fait un essai et maintenant nous devons tous croire aux résultats. (The Science)

Publié  danspar    Dominique    Manga
          AUTEUR

KAI KUPFERSHMIT

Kai est un correspondant du magazine Science basé à Berlin, en Allemagne.

14 Oct 2020
volcan

Un lac de lave s’élève sur un dangereux volcan africain. . «C’est le volcan le plus dangereux du monde!»

Lors d’une éruption en 2002, un lac de lave dans le cratère du volcan Nyiragongo s’est drainé en quelques heures.COLLECTION D’IMAGES CARSTEN PETER / NAT GEO

En 2002, la dernière fois que le volcan Nyiragongo est entré en éruption, la lave a dévalé ses flancs dans la ville bondée de Goma, à la frontière entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Environ 250 personnes sont mortes, 20% de la ville a été détruite et des centaines de milliers ont fui. Depuis lors, la population à risque vivant à l’ombre du volcan de 3 470 mètres de haut a plus que doublé pour atteindre 1,5 million.

Maintenant, les conditions sont réunies pour une autre catastrophe, déclare Dario Tedesco, volcanologue à l’Université Luigi Vanvitelli de Campanie, qui a mené plus tôt cette année une campagne dans le cratère tumultueux du volcan. Lui et ses collègues ont trouvé le lac de lave qui s’y remplissait à un rythme alarmant, augmentant le risque que la roche en fusion puisse à nouveau éclater à travers les parois du cratère. Leur analyse suggère que l’aléa maximal arrivera dans 4 ans, bien qu’ils pensent qu’un tremblement de terre pourrait déclencher une crise plus tôt. Ajoutant aux inquiétudes, l’observatoire du volcan Goma (GVO), la seule station de surveillance de la région, perd son soutien financier de la Banque mondiale. L’évaluation de Tedesco est directe. «C’est le volcan le plus dangereux du monde!»

Tedesco a commencé à observer le volcan au milieu des années 1990, lorsque les réfugiés, fuyant le génocide au Rwanda voisin, ont gonflé la population de Goma. Les Nations Unies ont demandé son avis sur les dangers du volcan, alors il a surveillé les humeurs de Nyiragongo dans les années précédant l’éruption de 2002. Il est alarmé par les parallèles avec aujourd’hui.

Dès que les fissures ont guéri, cependant, de la lave fraîche a commencé à bouillonner et à remplir le lac de cratère. L’activité s’est accélérée en 2016 lorsqu’un deuxième évent a commencé à se creuser dans le cratère. En février, lors de leur dernière inspection, Tedesco et ses collègues – transportés par avion par des soldats de la paix de l’ONU pour éviter les rebelles actifs dans la région – ont constaté que le lac montait plus vite que jamais. Le deuxième évent jaillissait environ 4 mètres cubes de lave par seconde, assez pour remplir une piscine olympique toutes les 10 minutes. «Tant que le volume augmente, cela augmente les chances d’une éruption volcanique sur Goma», déclare le directeur général du GVO, Katcho Karume, qui a également pris part à la campagne.

Pierre-Yves Burgi, modélisateur géophysique à l’Université de Genève, affirme que le niveau du lac de lave est en fait un manomètre pour la plomberie interne du volcan, comme le mercure dans un baromètre. Son modèle suggère que la pression interne est de 20 atmosphères , bien au-delà de la résistance mécanique des flancs rocheux du volcan, ont rapporté Burgi et ses collègues en août dans Geophysical Research Letters . «Cette situation est instable», dit-il. «Le danger est un tremblement ouvrant une nouvelle fissure.»

Ils pensent que le système pourrait atteindre un point critique, comme il l’a fait avant l’éruption de 2002 et une précédente en 1977. Dans les deux cas, les niveaux du lac de lave se sont stabilisés plusieurs années avant l’éruption, affirment-ils, alors que la masse de roche en fusion pesait sur le magma ci-dessous. Les éruptions ont pris du retard car le magma met du temps à forcer les fractures existantes, explique Andrew Bell, un expert en mécanique des roches à l’Université d’Édimbourg qui a développé un modèle pour expliquer l’effondrement du mont St. Helens en 1982. Burgi s’attend à ce que le lac de lave s’arrête. augmentant bientôt, auquel cas la période de pic de danger pour Goma serait de 2024 à 2027.

L’éruption de Nyiragongo en 2002 a couvert Goma,  en République démocratique du Congo, de lave jusqu’à 2 mètres de profondeur.KAREL PRINSLOO / AP PHOTO

«Ils ont raison de s’inquiéter», dit Bell. «Le Nyiragongo est dangereux comme beaucoup de volcans ne le sont pas.» Il ajoute cependant que le comportement du lac de lave ne dit pas grand-chose sur le risque immédiat d’éruption. Les essaims de petits tremblements de terre ou la déformation du sol sont des signes avant-coureurs plus clairs d’un magma agité, dit-il. Cynthia Ebinger, experte en géologie de la vallée du Rift à l’Université de Tulane, a également des problèmes avec le modèle de Burgi, qui suppose que la plomberie de magma alimentant le lac de lave de Nyiragongo est le principal facteur contrôlant une éruption. Elle dit que l’étirement des plaques tectoniques dans la région conduit à des tremblements de terre et à de nouvelles intrusions de magma qui peuvent également déclencher des éruptions.

Un réseau de sismomètres autour du volcan, exploité par le GVO et installé ces dernières années avec l’aide de chercheurs en Belgique et au Luxembourg, montre une forte activité sismique et plusieurs essaims profonds, explique François Kervyn, directeur de la division des risques naturels au Musée royal de Central. L’Afrique en Belgique. Il ne sait pas à quel point l’activité est inhabituelle car son équipe manque de données comparables et plus anciennes. Mais il dit que des tremblements soutenus et grondants ont été enregistrés des mois avant l’éruption de 2002. «Rien de tel n’est détecté pour le moment», écrit-il dans un e-mail.

Kervyn dit que le réseau nécessite une maintenance constante, en raison du vandalisme, du vol et des dommages causés par la foudre. Plusieurs sismomètres sont actuellement hors service. Mais les troubles civils dans la région rendent les réparations dangereuses. Plus tôt cette année, 13 gardes du parc ont été tués dans une embuscade dans le parc national du volcan Virunga.

La menace de violence n’est qu’un des problèmes du GVO. Créé en 1986, l’observatoire est en passe de perdre les financements sur lesquels il s’appuyait depuis 5 ans. Avec un effectif d’environ 40 personnes, l’observatoire entretient les stations sismiques et surveille le lac et les gaz potentiellement mortels émis par le volcan. Il prévoit également l’évacuation de Goma et émettra l’alarme en cas d’éruption.

Depuis 2015, la Banque mondiale a octroyé 2,3 millions de dollars à l’observatoire, dans le cadre d’un programme d’aide principalement destiné à reconstruire et protéger l’aéroport de la ville, qui a été gravement endommagé lors de l’éruption de 2002. Mais ce projet est terminé. Dans un e-mail, un porte-parole du Groupe de la Banque mondiale a confirmé qu ‘«aucune activité de suivi n’est envisagée par le GBM jusqu’à présent».

La force de maintien de la paix de l’ONU est concernée. À la fin du mois de septembre, il a renvoyé Tedesco dans la ville pour d’autres discussions avec la Banque mondiale et d’autres agences de développement. Un porte-parole de l’ONU a déclaré que les soldats de la paix envisagent de soutenir le GVO à court terme. «Nous sommes conscients de l’importance de surveiller les volcans afin de protéger les civils et de sauver des vies.»

Au moment de la   mise sous presse de Science , il n’y avait aucune nouvelle d’une résolution. Tedesco prévoyait d’inspecter à nouveau le cratère du Nyiragongo, mais le mauvais temps a forcé l’annulation d’un vol en hélicoptère. «Si les choses restent comme ça, il n’y a pas de quoi être optimiste», dit-il      publié danspar     Dominique Manga  (Source The Science)

AUTEUR 

ROLAND PEASE

13 Oct 2020

Les formes sévères de Covid-19 seraient liées à une réponse anticorps de type auto-immune

Les patients atteints de formes sévères de Covid-19 sont-ils victimes de leur propre réponse immunitaire ? Joaquin Sarmiento/AFP

Je suis immunologiste à l’Université Emory d’Atlanta, aux États-Unis, où je travaille sous la direction du Dr Ignacio Sanz, responsable du département de rhumatologie de notre établissement. Notre spécialité est la dysrégulation immunitaire, autrement dit les anomalies de la régulation immunitaire.

Avec mes collègues, nous avons récemment publié dans la revue Nature Immunology de nouveaux éléments accréditant l’idée que, chez certains patients infectés par le SARS-CoV-2, il est aussi important de prévenir cette dysrégulation que de lutter contre le virus lui-même.

Inflammation et Covid-19

L’un des tournants dans l’histoire de la pandémie a été la prise de conscience que la force de frappe déployée par le système immunitaire pour lutter contre le coronavirus pouvait mener à des victoires à la Pyrrhus. Chez les patients atteints de formes sévères de Covid-19, le processus inflammatoire destiné à combattre le SARS-CoV-2 s’est en effet avéré potentiellement responsable de dommages collatéraux pour l’organisme du patient.

Les études cliniques ont décrit le déclenchement, chez certains patients, d’« orages cytokiniques » durant lesquels la réponse immunitaire produit une immense quantité de molécules inflammatoires, d’anticorps à l’origine de dangereux caillots sanguins et entraîne l’inflammation de multiples systèmes d’organes (ndlr : un système d’organes est un groupe d’organes qui fonctionnent ensemble – le système gastro-intestinal par exemple comprend l’estomac, les intestins, le pancréas, le foie et la vésicule biliaire), entraînant l’inflammation des vaisseaux sanguins, situation décrite notamment chez 186 enfants qui avaient récupéré de la maladie.

L’ensemble de ces signes suggère que, chez ces patients, la réponse immunitaire censée être protectrice serait devenue destructrice.

Les médecins qui se trouvaient en première ligne face à cette situation ont rapidement réfléchi ; leurs décisions courageuses ont conduit à utiliser des stéroïdes (des médicaments qui atténuent la réponse immunitaire) pour traiter ces patients dès leur hospitalisation. Cette approche a permis de sauver des vies.

On ne comprend cependant pas encore quels sont les composants de la réponse immunitaire qui sont atténués par ce traitement. Saisir comment fonctionne la dysrégulation immunitaire chez les patients atteints de Covid-19 pourrait permettre d’identifier les malades chez qui ces traitements seraient les plus efficaces. Des approches plus ciblées et plus puissantes, permettant de moduler le système immunitaire, telles que celles actuellement réservées aux maladies auto-immunes, pourraient même être envisagées.

Les bons anticorps, au bon moment

Les anticorps sont de puissantes armes de défense. Produits par des globules blancs appelés lymphocytes B, ils s’accrochent aux agents infectieux tels que virus et bactéries, les empêchant ainsi d’infecter les cellules saines. Ces agrégats anticorps-virus déclenchent de puissantes réactions inflammatoires et servent de balises de guidage pour le reste du système immunitaire, lui permettant de cibler efficacement les agents pathogènes.

Dans certaines circonstances, les anticorps peuvent même tuer. Ils sont en effet si puissants qu’en cas de méprise sur l’identité de leur cible – lorsqu’un lymphocyte B produit des anticorps s’attaquant aux cellules du corps qu’ils sont censés défendre – ils peuvent endommager les organes à grande échelle, et mettre en place un cycle perpétuel d’« autociblage immunitaire ». Cette situation d’autodestruction permanente est qualifiée de « maladie auto-immune ».

Pour éviter ce type de catastrophe auto-immune et afin de procurer une réponse efficace contre les envahisseurs, les lymphocytes B suivent une « formation ». Ceux qui sont capables de reconnaître le virus subissent un processus de maturation qui garantit à l’organisme de disposer d’anticorps puissants capables de neutraliser l’agent pathogène. Les lymphocytes B qui ciblent les tissus sont au contraire détruits.

Mais ce processus de maturation demande du temps. Or, durant une infection sévère, perdre deux semaines à « entraîner » des lymphocytes B peut signifier risquer de succomber. Pour éviter cela, le système immunitaire dispose d’une solution alternative pour activer les lymphocytes B, appelée « activation extrafolliculaire ». Celle-ci génère des anticorps à action rapide en contournant semble-t-il les nombreux contrôles de sécurité qui accompagnent habituellement la réponse immunitaire plus ciblée.

Les réactions extrafolliculaires se développent rapidement, sont de courte durée et disparaissent lorsque des réactions plus ciblées se mettente en place.

Mais les choses se passent parfois différemment.

Réponses anticorps de type auto-immune et Covid-19

Lorsque les lymphocytes B produisent des anticorps qui attaquent les tissus humains plutôt qu’un envahisseur (virus ou bactérie), une maladie auto-immune peut se développer. AFP

Entre 2015 et 2018, notre laboratoire a découvert que ces réactions extrafolliculaires du système immunitaire constituaient un point commun entre les patients atteints de maladies auto-immunes, telles que le lupus. Chez les patients lupiques, les réponses extrafolliculaires sont activées de façon chronique, ce qui conduit à des taux élevés d’anticorps ciblant les tissus, et à la destruction d’organes tels que les poumons, le cœur et les reins.

La présence dans le sang de ces types de lymphocytes B particuliers, générés par réactions extrafolliculaires, constitue un marqueur important de la sévérité de l’atteinte dans le contexte du lupus. C’est désormais aussi le cas pour la Covid-19.

De façon similaire à ce que nous avions observé pour le lupus, mes collègues et moi-même avons identifié des signatures extrafolliculaires de lymphocytes B chez des patients atteints de formes sévères de Covid-19. Nous avons montré qu’au début de la réponse à l’infection, cette voie accélérée de production d’anticorps est rapidement activée chez ces patients. Leur corps produit alors des niveaux élevés d’anticorps spécifiques au virus, dont certains sont effectivement capables de le neutraliser. Cependant, en plus de ces anticorps protecteurs, nous en avons identifié d’autres qui ressemblent de façon très suspecte à ceux que l’on observe dans les maladies auto-immunes telles que le lupus.

En fin de compte, les patients présentant ces réponses immunitaires comportant des lymphocytes B de type auto-immun s’en sortent mal : on constate chez eux une incidence élevée de défaillance de divers systèmes d’organes, ainsi qu’une incidence de décès importante.

Atténuer la réponse immunitaire dans le contexte de la Covid‑19

Soyons clairs : la Covid-19 n’est pas une maladie auto-immune. Les réponses inflammatoires de type auto-immunes que mon équipe a découvertes pourraient simplement refléter la réponse « normale » face à une infection virale devenue incontrôlable.

Toutefois, même si ce genre de réaction est « normale », cela ne signifie pas qu’elle n’est pas dangereuse. Il a été démontré que les réponses extrafolliculaires prolongées contribuent à la gravité des maladies auto-immunes, non seulement en raison de la production d’anticorps ciblant certains tissus du corps, mais aussi à cause de l’inflammation qu’elles déclenchent, qui peut endommager des organes comme les poumons et les reins.

Ces observations suggèrent que les réponses immunitaires initiales à une infection virale telle que celle due au SARS-CoV-2 sont en tension avec les réponses anticorps plus ciblées, qui interviennent plus tard ; en d’autres termes, la production rapide d’anticorps par l’organisme en vue de s’attaquer au virus risque au final de cibler non pas celui-ci, mais les propres organes et tissus du malade.

Nous autres immunologistes devons encore en apprendre davantage. Pourquoi seuls certains patients développent-ils une si forte réponse extrafolliculaire ? Les anticorps qui résultent de cette réaction sont-ils particulièrement enclins à attaquer et à détruire les organes de l’hôte ? Les « formes longues » de Covid-19, dont on soupçonne qu’elles persisteraient après la disparition de l’infection virale, pourraient-elles s’expliquer par la permanence d’une telle réponse faisant intervenir des anticorps autoréactifs ?

Il reste des incertitudes. Cependant la communauté médicale doit avoir conscience que, chez certains patients, le traitement par stéroïdes (voire par des thérapies auto-immunes plus puissantes) constitue une arme essentielle dans la lutte contre la Covid-19, en permettant d’atténuer les réponses immunitaires problématiques. Médecins et scientifiques doivent continuer à conjuguer leurs efforts pour construire notre arsenal thérapeutique, en gardant à l’esprit que, dans certains cas, le contrôle de la réponse immunitaire pourrait être aussi important que le contrôle du coronavirus SARS-CoV-2 lui-même.

publié par Dominique Manga dans

AUTEUR

  1. Instructor, Lowance Center for Human Immunology, Emory University

08 Oct 2020

Covid-19 : seul 1 pays sur 3 prêt à accueillir en toute sécurité les enfants pour la rentrée scolaire en Afrique de l’Ouest et du Centre

Seul 1 pays sur 3 est prêt à accueillir en toute sécurité les enfants pour la rentrée scolaire en Afrique de l’Ouest et du Centre, a annoncé mercredi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui en appelle les Etats de cette région à accélérer une réouverture sûre des écoles, avec des mesures de protection sanitaires et d’hygiène adéquates.

 « Nous n’avons pas de temps à perdre. Chaque jour qui passe, des millions d’enfants et de jeunes qui n’ont pas d’opportunités pour accéder en toute sécurité à un enseignement sont privés de leur droit à l’éducation et leur avenir est menacé », a déclaré la Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Marie-Pierre Poirier.

Selon ces nouvelles données de l’UNICEF, seuls 7 des 24 pays de la région ont été capables de rouvrir convenablement leurs portes pour la nouvelle année scolaire 2020-2021.

Six mois après le début de la pandémie qui a forcé tous les pays de cette région à fermer leurs écoles, les pays désormais prêts sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, le Congo, la Guinée Équatoriale, la Sierra Leone et le Tchad.

La pandémie de Covid-19 a interrompu l’éducation de millions d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre, « une région qui fait déjà face à de nombreux défis pour offrir une éducation de qualité pour chaque enfant, même dans les contextes d’urgence », a expliqué Mme Poirier.

Les fermetures d’écoles ont des conséquences néfastes pour l’apprentissage et le bien-être des enfants, avec des enfants, en particulier les filles des communautés les plus marginalisées, qui paient le plus lourd tribut. Les faits, dont ceux tirés de l’épidémie d’Ebola en 2014 en Sierra Leone, démontrent que plus les enfants sont hors des écoles, plus le risque est grand qu’ils abandonnent l’école.

Hausse des violences contre les enfants depuis le début de la pandémie

Depuis le début de la pandémie, les violences contre les enfants connaissent une augmentation. Une enquête récente menée au Burkina Faso révèle que 32% des enfants vivant dans les régions affectées par des conflits ressentent une hausse des violence domestiques contre les filles et les garçons, du fait du confinement dans leur foyer.

De plus quand les enfants ne sont pas scolarisés, ils font face à un risque accru de recrutement par des groupes armés, de mariage et de grossesses précoces et d’autres formes d’exploitations et d’abus.

La moitié des enfants du monde qui n’ont pas accès aux installations de lavage des mains vivent en Afrique subsaharienne

Mais dans cette marche pour une réouverture des classe, les pays doivent faire face à certains défis, notamment dans le domaine de l’hygiène.

La moitié des enfants du monde qui n’ont pas accès aux installations de lavage des mains vivent en Afrique subsaharienne, précisé l’UNICEF, signalant qu’en Guinée-Bissau seuls 12% des écoles offrent un accès au lavage des mains avec de l’eau et du savon, qu’au Niger elles sont 15% seulement, 22% au Sénégal et 25% au Burkina Faso.

En outre, dans toute la région, la plupart des classes sont souvent surchargées, et il manque des enseignants formés pour soutenir les enfants dans leurs apprentissages.

Malgré des efforts accomplis dans la plupart des pays de la région pour rouvrir temporairement leurs écoles et permettre aux étudiants de finir l’année scolaire et passer leurs examens finaux, des millions d’enfants n’avaient pas la possibilité de retourner physiquement à l’école.

La région d’Afrique de l’Ouest et du Centre est également le foyer de plusieurs zones de conflits, de violences et d’autres urgences. En décembre 2019, les écoles pour 2,1 millions d’enfants étaient déjà soit fermées, soit non-opérationnelles à cause de l’insécurité.

Pour l’UNICEF, cela illustre la nécessité pour les gouvernements de renforcer les voies alternatives pour une éducation de qualité qui atteignent tous les enfants et garantissent la continuité de l’enseignement.

UNICEF/Geoffrey Buta
Une jeune fille au Ghana se lave les mains avant de retourner en classe.

Une réouverture dans des conditions sanitaires sûres et des méthodes d’apprentissage mixtes

Avant l’épidémie, les opportunités d’éducation pour les enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre étaient inéquitables, avec environ 41 millions d’enfants et d’adolescents non scolarisés, ce qui représente un tiers des enfants non scolarisés dans le monde.

Pendant que les écoles étaient fermées, plusieurs pays ont développé des opportunités d’enseignement à distance, notamment par des programmes radio, télévisuels, en ligne ou avec du matériel pédagogique.

Cependant, ces efforts n’ont pas atteint tous les enfants. Au moins 48% des enfants de la région sont demeurés hors de portée de l’enseignement à distance pendant les fermetures des écoles. Cette situation a aggravé les inégalités dans l’accès aux opportunités d’apprentissage.

Pour éviter un scénario de décrochage scolaire, l’agence onusienne lance donc aujourd’hui un appel aux ministres de l’Éducation et des Finances de la région pour qu’ils fassent de l’éducation une priorité dans leurs plans de réponse à la Covid-19 afin de réduire l’impact négatif de la crise sur les enfants et les économies nationales.

Il s’agit d’accélérer leurs efforts pour préparer leurs écoles à une réouverture dans des conditions sanitaires sûres, mais aussi l’utilisation de méthodes d’apprentissage mixtes.

Aussi toute stratégie de réouverture des écoles devrait tout faire pour garder les enfants et les communautés à l’abri des risques. Cela inclut de revoir les espaces des salles de classe, ou d’introduire un système de rotation des présences d’élèves.

L’UNICEF prône également une augmentation des stations de lavage des mains et la mise en place des points de surveillance sanitaire, d’augmenter les espaces extérieurs pour un certain nombre d’activités scolaires, ou, encore une fois, d’appliquer des méthodes d’apprentissage mixtes.

Pour l’UNICEF, il faut également maintenir un équilibre entre l’apprentissage en ligne et l’enseignement en classe et fournir la flexibilité et la sécurité dont les enfants ont besoin durant cette période de transition.

L’agence onusienne plaide aussi pour une augmentation ou au moins un maintien des engagements nationaux en faveur des budgets alloués à l’éducation.

L’UNICEF demande enfin d’accélérer la planification pour mieux atteindre les enfants qui étaient déjà hors de l’école avant la pandémie, notamment ceux qui vivent dans des zones reculées et dans des foyers pauvres. (Source ONU info )    publié dans par Dominique Manga

04 Oct 2020

Le président Trump pourrait revenir à WH (la Maison Blanche)«  dès demain  » si les conditions continuent de s’améliorer, disent les médecins

Le médecin de la Maison Blanche, le Dr Sean Conley, aux côtés du Dr Sean Dooley de Walter Reed et du Dr Brian Garibaldi de Johns Hopkins, a déclaré que le président Trump pourrait retourner à la Maison Blanche dès le lundi 5 octobre.

Le président Trump  pourrait être libéré du centre médical militaire national Walter Reed dès lundi, a annoncé dimanche son équipe médicale dans une mise à jour aux membres du pool de presse de la  Maison Blanche , alors que le président poursuit son traitement à la dexaméthasone et au remdesivir pour lutter contre le coronavirus .

Le Dr Sean Conley a déclaré que Trump avait connu deux épisodes de baisse transitoire des niveaux d’oxygène. De jeudi à vendredi matin, Conley a déclaré que Trump se débrouillait bien avec des symptômes légers et des niveaux d’oxygène au dessus de 90. Plus tard vendredi matin, le président avait une forte fièvre et son taux d’oxygène a commencé à descendre en dessous de 94%.

À ce stade, Conley a recommandé un traitement supplémentaire à l’oxygène en raison des préoccupations concernant la possible progression rapide de la maladie. Trump a insisté sur le fait qu’il n’avait pas besoin du traitement, mais il a néanmoins été administré pendant environ une heure à la Maison Blanche.

Le président Trump a photographié en train de travailler dans une salle de conférence du centre médical militaire national Walter Reed le samedi 3 octobre 2020, après avoir été testé positif pour le coronavirus.

Le président Trump photographié en train de travailler dans une salle de conférence du centre médical militaire national Walter Reed le samedi 3 octobre 2020, après avoir été testé positif pour le coronavirus.

Il a commencé à montrer des symptômes plus légers et a commencé à se déplacer dans sa résidence à la Maison Blanche, mais, malgré ces améliorations, Conley a déclaré que l’équipe médicale avait déterminé que la meilleure solution était de transférer Trump à Walter Reed à Bethesda, dans le Maryland, d’ici vendredi après-midi pour une évaluation et un suivi plus approfondis.

Le Dr Sean Dooley, pneumologue chez Walter Reed, a déclaré que le président était resté sans fièvre depuis vendredi matin et que ses fonctions cardiaque, rénale et hépatique étaient toujours normales. Il a déclaré que Trump n’avait pas montré de signes d’essoufflement et se promenait dans son unité médicale sans limitation ni handicap.

Le Dr Brian Garibaldi, de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, a déclaré que Trump avait terminé sa deuxième dose de Remdesivir et n’avait présenté aucun effet secondaire pour autant que son équipe puisse le dire. Son équipe poursuivra donc ses plans pour le maintenir sous traitement pendant une période de cinq jours. En réponse à de faibles niveaux d’oxygène transitoires, le président a également commencé un traitement à la dexaméthasone et a reçu sa première dose samedi.

Garibaldi a déclaré que le président se sentait bien dimanche et que l’équipe prévoyait de le faire manger et être debout autant que possible pour être mobile, et « s’il continue à regarder et à se sentir aussi bien qu’aujourd’hui, notre espoir est que nous pouvons prévoyez une sortie dès demain à la Maison Blanche où il pourra poursuivre son traitement.  »

«Comme pour toute maladie, il y a des hauts et des bas particuliers au cours du traitement , en particulier lorsqu’un patient est si étroitement surveillé 24 heures sur 24», a déclaré Conley. «Le président voulait que je partage sa fierté du groupe, quel honneur c’est pour lui de recevoir ses soins ici chez Walter Reed et d’être entouré de talents aussi incroyables: dirigeants universitaires, directeurs de département, chercheurs et cliniciens de renommée internationale , y compris le soutien du Dr Garibaldi de Johns Hopkins.

Le président Donald Trump arrive au centre médical militaire national Walter Reed, à Bethesda, dans le Maryland, vendredi 2 octobre 2020, sur l'hélicoptère Marine One après avoir été testé positif au COVID-19.  Le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, est au deuxième à gauche.  (Photo AP / Jacquelyn Martin)

Le président Donald Trump arrive au centre médical militaire national Walter Reed, à Bethesda, dans le Maryland, vendredi 2 octobre 2020, sur l’hélicoptère Marine One après avoir été testé positif au COVID-19. Le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, est au deuxième à gauche. (Photo AP / Jacquelyn Martin)

«Je tiens à réitérer à quel point nous sommes heureux de la reprise du président», a déclaré Conley.

Avant la conférence de presse, le conseiller principal de la campagne Trump, Steve Cortes, a décrit le président comme « plus optimiste et plus affirmé que jamais » alors qu’il combat le coronavirus lors d’une apparition sur « Fox News Sunday » avec Chris Wallace.

Il a ajouté: « Ce président va se remettre, nous en sommes très confiants. »

Le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, a déclaré samedi soir sur « Justice avec le juge Jeanine » que le président présentait des symptômes qui avaient « vraiment inquiété » son personnel vendredi, notamment de la fièvre et un faible taux d’oxygène dans le sang, mais qu’il s’est amélioré depuis.   publié dans par  Dominique Manga

           AUTEUR

Danielle Wallace

Par Danielle Wallace | Fox News